Avertissement : Avant d’entamer une psychothérapie pour le trouble de la personnalité borderline, assurez vous que le professionnel de santé dispose d’une formation spécifique validée par un organisme reconnu et qu’il peut faire la preuve d’une réelle expérience clinique de ce trouble.
« En France, la santé mentale a été pour la deuxième année consécutive déclarée grande cause nationale, mais celles et ceux qui vivent avec un trouble borderline restent encore et toujours, les grands oubliés d’un système qui parle de fragilité sans savoir vraiment l’accueillir. »
Le trouble de la personnalité borderline incarne de façon aiguë la souffrance psychique contemporaine : émotions à vif, relations instables, sentiment de vide, conduites à risque…etc.
Nous affirmons que le trouble borderline ne peut être réduit à un diagnostic de santé mentale !
C’est le symptôme d’une société en souffrance où les liens se défont, où les valeurs se délitent, où l’isolement progresse à mesure que se développent les réseaux sociaux et où l’estime de soi se mesure au nombre de « like » et au rythme d’une compétition narcissique sans limites. Face à la fragilisation ou à la disparition du cadre familial et social, la stigmatisation de l’hypersensibilité, la culpabilité, le sentiment de honte et la dévalorisation, la peur du rejet ou de l’abandon, et les colères explosives des personnes borderline disent quelque chose de notre difficulté collective à faire place à la vulnérabilité émotionnelle.
Faire de la santé mentale une grande cause sans renforcer réellement la psychiatrie, en supprimant les dispositifs de repérage précoce et réglementant les parcours de soins coordonnés par des acteurs débordés et insuffisamment formés au trouble borderline, revient à produire de la frustration supplémentaire.
Le trouble borderline demeure encore l’un des plus stigmatisés, en milieu scolaire comme en entreprise et y compris dans les institutions de soins alors qu’il devrait devenir un test pour nos politiques publiques : en effet, l’accès rapide aux soins, continuité de l’accompagnement, soutien des proches, articulation entre sanitaire, social, scolaire et monde du travail.. Or les données montrent que la mise en place d’un accompagnement structuré, continu, combinant psychothérapies spécialisées, combinés avec un soutien social et un travail sur l’environnement de vie, participent à une stabilisation durable.
En 2026, l’AFORPEL ne se contentera pas de poursuivre sa mission d’informer, de former et de soutenir les personnes borderline et leurs proches. En créant des alliances avec des partenaires qui partagent nos valeurs, nous ferons en sorte que reconnaître la complexité du trouble borderline, ce n’est pas excuser les passages à l’acte, mais comprendre ce qu’ils disent d’une souffrance qui les déborde.
Faire une priorité de cette population qui représente plus de 3,5% de la population active française, c’est choisir une société qui ne se contente plus de survivre à ses crises, mais qui apprend à contenir, symboliser et prendre soin de ses blessures psychiques les plus extrêmes.
Pierre Nantas.


